Haïti

Ces informations sont extraites du site du Ministère des Affaires Etrangères (http://www.diplomatie.gouv.fr)

Données générales et géographiques

Nom officiel : République d’Haïti

Constitution de 1987 : le Président est élu pour 5 ans au suffrage universel direct. Il ne peut exercer deux mandats consécutifs ni en briguer un troisième. Il désigne le Premier ministre dont la nomination doit être ratifiée par le Parlement. Le gouvernement est responsable devant le Parlement.

Bicaméralisme : Chambre des Députés (100 membres, élus au suffrage universel direct pour 4 ans) et Sénat (30 sénateurs, élus au suffrage direct pour 6 ans, renouvellement par tiers tous les deux ans).

Superficie : 27 750 km2 (soit l'équivalent de la région Bretagne)

Population : environ 10 millions d’habitants

Capitale : Port-au-Prince (environ 3 millions d’habitants)

Villes principales : Cap-Haïtien, Carrefour, Gonaïves, Hinche, Jacmel
Haïti est composé de 10 départements dirigés par un délégué nommé par le gouvernement.

HAITI

Langues officielles : le créole (langue parlée par la majorité de la population) et le français (langue d’apprentissage scolaire et des médias)

Fête nationale et de l’indépendance : le 1er janvier

Données démographiques

Indice de développement humain : 0,454 - 158ème (sur 187 pays, source PNUD rapport 2011) ; 77% des Haïtiens vivent sous le seuil de pauvreté et près de la moitié vivent avec moins d’un dollar US par jour.

Croissance démographique annuelle : 1,7 % (la moitié de la population a moins de 20 ans)

Taux de fécondité : 3,2 (4,2 en 2000 - urbain : 3 enfants par femme, rural : 4)

Espérance de vie (ajustée à la santé) : 54 ans (source PNUD 2011)

Taux d’alphabétisation (PNUD) : 48,7 % - 500.000 enfants en âge de l’être ne sont pas scolarisés

Religions : 55% catholiques, plus de 20% protestants - le rite dominant demeure la pratique du vaudou qui façonne les relations au sein de la société haïtienne.

Données économiques

Monnaie : la gourde (HTG) 1 € = 55 Gourdes (octobre 2011)

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PIB (Banque Mondiale, 2009) : 6,95 MdsUS$ (3,85MdsUS$ en 2000)

PIB par habitant (PNUD 2011) : 1151$/hbt (US$ PPA - parité du pouvoir d’achat)

Taux de croissance (2010) : -5,1% (+ 3% en 2009 - prévisions : + 8% par an sur les 5 ans à venir).

Taux de chômage : 27 % (officiel, mais deux tiers des Haïtiens touchés par le chômage ou le sous-emploi)

Balance commerciale (2008) : déficit d’1,5MdsUS$ (20% du PIB)

Dette publique (septembre 2009) : 24% du PIB - fort allègement de 1,2MdsUS$ de la dette en juin 2009

Taux d’inflation (2010) : 5% (3% en 2009 et 10 % en 2008)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010) :
- secteur primaire : 24% (moitié de la population active)
- secteur secondaire : 17% (un quart population active)
- secteur tertiaire : 58% du PIB

Les importations haïtiennes ont doublé entre 2002 et 2008 passant de 1 à 2,150 MdsUS$.

Principaux fournisseurs : République dominicaine (depuis 2010) et États-Unis (traditionnellement)

Principal client : États-Unis (plus de 80% des exportations haïtiennes)

Exportations de la France vers Haïti (2009) : 29 M€ - Importations françaises (2009) : 4,6 M€

Communauté française en Haïti (2010) : 1350 inscrits dont 500 bi-nationaux.

Communauté haïtienne en France : 42.000 (dont la moitié dans les Départements Français d’Amérique - 8.200 en Guyane, 10.500 Guadeloupe et 1700 en Martinique).

Politique intérieure

La démission du président Aristide, le 29 février 2004, a porté un coup d’arrêt à la dérive du pays, marquée par la multiplication de blocages politiques, des violations des droits de l’Homme, la corruption, le trafic de drogue et un début d’insurrection armée. Un processus électoral est alors mis en place.

M. René Préval est élu président, avec 51% des voix dès le premier tour, et débute son mandat le 14 mai 2006. M. Jacques Édouard Alexis est désigné Premier ministre et parvient à former, le 6 juin 2006, un gouvernement de coalition et d’ouverture. Deux ans plus tard, M. Alexis a fait l’objet d’un vote de censure par le Sénat (12 avril 2008), à l’issue de plusieurs jours de manifestations populaires contre l’augmentation du coût de la vie, notamment la hausse très rapide du prix des denrées alimentaires de base (« émeutes de la faim »). Après cinq mois de vacance du poste, Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis est nommée Premier ministre le 7 septembre 2008. Destituée 14 mois plus tard, Mme Pierre-Louis a été remplacée par M. Jean-Max Bellerive le 11 novembre 2009.

En 2006 et 2007, le processus électoral s’était poursuivi avec la tenue d’élections locales (plus de 8000 représentants locaux) qui avait permis d’amorcer un processus de décentralisation.

Le séisme du 12 janvier 2010 a bouleversé le calendrier électoral

Les élections législatives et municipales, qui devaient se tenir en février et mars 2010, ont été reportées et se sont finalement tenues quelques mois plus tard à l’occasion des élections présidentielles. Le mandat des députés avait pris fin le 10 mai 2010 et l’état d’urgence prolongé jusqu’à octobre 2011.

Le premier tour des élections générales (28 novembre 2010) a connu de nombreux dysfonctionnements et des violences, plongeant le pays dans une crise politique qui a duré plus de deux mois. Le second tour s’est finalement tenu le 20 mars, après que, pour la présidentielle, le candidat du parti au pouvoir (M. Jude Célestin de la plateforme Inité) a été rétrogradé en 3ème position, conséquence de la mise à l’écart des bulletins frauduleux. Ce second scrutin qui opposait M. Michel Martelly à Mme Mirlande Manigat s’est cette fois déroulé de manière satisfaisante, tant au niveau de la sécurité que de l’organisation, même si des irrégularités ont été une nouvelle fois identifiées.

Cette période électorale difficile a mobilisé la communauté internationale, au premier chef l’organisation des États Américains (OEA) qui, associée à la CARICOM, a mené plusieurs missions d’observation et de vérification électorales. La France a participé à ces missions, financièrement et en mettant une quarantaine d’observateurs électoraux à leur disposition. Les retours en Haïti des anciens présidents, Jean-Claude Duvalier (le 16 janvier 2011, après 25 ans en France) et Jean-Bertrand Aristide (le 18 mars, après 7 ans en Afrique du sud), sont intervenus entre les deux tours des élections.

625638 haiti-s-presidential-candidate-michel-martelly-speaks-during-a-news-conference-in-petionvilleLe président Michel MARTELLY

Avec la large victoire de M. Michel Martelly, annoncée le 20 avril (67% des voix), les électeurs ont choisi un candidat hors des cercles politiques traditionnels, qui incarne la rupture. Ancien chanteur, M. Martelly s’est appuyé sur les secteurs ruraux, la jeunesse et la nouvelle classe moyenne. Son charisme a suscité un réel engouement populaire. Le Président Martelly doit toutefois composer avec un parlement dominé par l’ancien parti au pouvoir, Inité/Lespwa, qui dispose du groupe parlementaire le plus important à la Chambre des députés et de la majorité au Sénat. Cinq mois après l’investiture de M. Martelly (14 mai 2011), le Sénat et la Chambre des Députés ont finalement ratifié la candidature de M. Garry Conille au poste de Premier ministre (15 octobre 2011), après avoir rejeté les deux premiers candidats à ce poste. Les nouveaux ministres ont pris leurs fonctions le 18 octobre.

Cette période électorale compliquée, l’absence de gouvernement légitime pendant cinq mois et l’épidémie de choléra ont retardé des prises de décision indispensables au relèvement du pays. La tâche devant les nouvelles autorités est immense : relogement des populations déplacées, poursuite du déblaiement de Port-au-Prince, lancement des grands chantiers de la reconstruction, réforme d’envergure des institutions et renforcement de l’État de Droit.

Situation humanitaire et sécuritaire

Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques, seul État du continent à faire partie du groupe des Pays les Moins Avancés (PMA), est classé 149ème par le PNUD en termes de développement humain (sur 182 États). Les trois quarts de la population vivent dans la pauvreté (78% avec moins de 2 US$/jour/personne), la moitié de la population survivant même dans un état d’indigence avec moins de 1 US$/jour. Plus d’un Haïtien sur quatre est sous-alimenté et Haïti fait partie de la vingtaine de pays identifiés par la FAO comme particulièrement vulnérables dans ce domaine. Un an et demi après le séisme du 12 janvier 2010, la situation humanitaire demeure précaire : 550.000 sinistrés vivent toujours dans le millier de camps répertoriés, sous la menace des intempéries (la saison des ouragans dure d’août à novembre) et des épidémies, comme celle du choléra qui, depuis mi-octobre 2010 a causé le décès de près de 6500 malades sur les 475.000 personnes touchées et 500 nouveaux cas sont répertoriés quotidiennement.

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La Mission des Nations unies pour la Stabilisation en Haïti, la MINUSTAH, contribue par son action à préserver la sécurité intérieure. Suite au départ du Président Aristide, en février 2004, le Conseil de Sécurité de l’ONU avait autorisé le déploiement immédiat d’une Force Multinationale Intérimaire (FMI) pour une période de trois mois (États-Unis, Canada, France). En juin 2004, la MINUSTAH lui a succédé et fait une large place aux contingents d’Amérique latine, notamment brésilien. La MINUSTAH œuvre au renforcement de la Police nationale haïtienne (PNH, moins de 10.000 policiers pour une population de 10 millions d’habitants), appuie la réforme du système judiciaire haïtien et l’organisation des élections. Elle avait réussi à démanteler les gangs en 2006-2007 et a empêché les dérives lors des « émeutes de la faim » d’avril 2008. La chaîne de commandement de la MINUSTAH a été durement affectée lors du séisme du 12 janvier 2010, dans l’effondrement de son quartier général qui a fait plus d’une centaine de victimes.

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Pour faire face à l’urgence humanitaire, aux risques posés par la saison cyclonique et pour l’organisation des élections, le déploiement de 4000 hommes supplémentaires avait été autorisé en 2010, pour un total de plus de 12.200 hommes déployés sur le terrain, dont une forte composante policière (3500 policiers et gendarmes). La résolution 2012 du 14 octobre 2011 renouvelle son mandat annuel et consacre une baisse de ses effectifs de 2750 hommes d’ici le mois de juin 2012.


Situation économique


Le séisme a causé des destructions matérielles évaluées à 4,3MdsUS$ et des pertes économiques associées de 3,6MdsUS$, pour un total approchant les 8MdsUS$, supérieur au PIB du pays calculé en 2009. Grâce aux financements internationaux, la baisse du PIB haïtien a pourtant été contenue à -5,1% en 2010. Le déblaiement de 40% des 10 millions de mètres cubes de gravats (estimation) est effectif et la reconstruction, basée sur des projets de long terme (5-10 ans), a débuté.

Après quelques années favorables en 2006 et 2007 (croissance du PIB de 2,2% et de 3,3%), Haïti avait subi en 2008 des chocs externes particulièrement violents : la hausse des prix du pétrole et des aliments de base a provoqué des émeutes en avril 2008 (« émeutes de la faim ») ; en août-septembre, quatre tempêtes et ouragans avaient détruit 60% des récoltes et les infrastructures à hauteur de 15% du PIB. La croissance réelle du PIB s’était ralentie à 0,8% en 2008 mais avait repris en 2009 (2,9%). La crise de l’économie internationale a, par ailleurs, influé en 2008 et 2009 sur les transferts de fonds de la diaspora haïtienne (estimée à environ deux millions de migrants aux États-Unis, en République dominicaine, au Canada et en France). Ces transferts, qui représentent entre un quart et un tiers du PIB, selon les années, demeurent un mécanisme essentiel de survie pour de nombreux Haïtiens.

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Haïti bénéficiait, déjà avant le séisme, d’une aide internationale d’environ 700MUS$ annuels. L’Union européenne, par exemple, avait programmé 304,6M€ pour les années 2008-2013 dans le cadre du 10ème FED. Haïti faisait aussi l’objet de conférences de bailleurs régulières, dont celle de Washington en avril 2009, qui lui avait permis de combler son déficit budgétaire et d’obtenir en juin de fortes réductions de sa dette externe (1,2MdsUS$ dont 972,7MUS$ auprès des institutions financières multilatérales).

Politique extérieure

Haïti a progressivement rompu son isolement dû à plusieurs décennies de dictature : il est membre de l’OEA, de l’Association des États des Caraïbes (AEC) et admis dans la CARICOM (2002).

Les relations qu’entretient Haïti avec la République dominicaine sont traditionnellement complexes, notamment en raison de la présence en sol dominicain de plus d’un million d’Haïtiens, souvent illégaux, et de rancunes historiques tenaces. Depuis le séisme, la République dominicaine a fait preuve d’une très grande solidarité et les contacts à haut niveau se sont multipliés, signe d’une volonté de renforcer les relations entre les deux pays.

Haïti ne reconnaît pas formellement la République populaire de Chine et entretient de forts liens avec Taïwan, un de ses principaux bailleurs de fonds nationaux, avec le Venezuela. Le gouvernement haïtien a signé, le 10 décembre 2009, l’Accord de Partenariat Économique (APE) qui lie désormais Haïti ainsi que 14 autres États de la Caraïbe (CARIFORUM) avec l’Union européenne. Haïti est le dernier pays à adhérer à cet accord, signé en octobre 2008.